Les bêtes, à l'herbe
Un troupeau de bovins Highland qui vit dehors, au pâturage, déplacé souvent vers de l'herbe fraîche et mené sans brusquerie. Des bêtes rustiques, calmes, qu'on connaît une par une.
Les bovins vivent comme les bovins sont faits pour vivre : dehors, à l'herbe, au grand air, avec une nouvelle bande de pâturage tous les jours ou tous les deux jours. Jamais entassés dans un parc d'engraissement, jamais pressés de passer au grain. Ce qu'ils mangent, c'est ce qui pousse ici, et le rythme du troupeau suit celui de la terre — un peu plus vite pendant la poussée de l'herbe au printemps, un peu plus lentement quand la saison tourne.
On élève des Highland parce que la race s'est forgée dans les hautes terres froides et humides de l'Écosse et qu'elle transforme un fourrage grossier en état de chair à travers un vrai hiver québécois — son double poil accomplit ce que des races plus lourdes demandent en abri et en réserves de gras. Cette adaptation au territoire est la raison du choix, pas l'idée qu'une race serait meilleure qu'une autre. On sélectionne pour la terre qu'on a, et les bêtes qui réussissent ici par leurs propres moyens — vêler facilement, bien materner, tenir leur état de chair à l'herbe — sont celles qui gagnent leur place dans le troupeau.
Un vieux dicton de berger s'est transmis jusqu'à nous, appliqué chez nous aux vaches : une vache ne devrait pas entendre deux fois la même cloche d'église depuis le même champ. C'est une façon qui reste en tête de dire : déplacez les bêtes souvent, et ne les laissez jamais prendre une deuxième bouchée d'une plante avant qu'elle se soit remise. C'est cette deuxième bouchée qu'il faut éviter : quand une plante broutée repousse en feuilles neuves, elle puise pour y arriver dans les sucres et les réserves qu'elle a emmagasinés dans ses racines, et si la bête coupe cette repousse avant que les racines aient été remboursées, la plante recule et ses racines rapetissent. Donnez-lui plutôt son repos, et elle refait ses feuilles, ses racines et ses réserves avant le retour du troupeau. Le biochimiste français André Voisin a posé tout ça en question de délais dans les années 1950; le vieux dicton avait le bon délai bien avant que quiconque y mette des chiffres. La cloche, au fond, servait juste de minuterie.
Un autre vieux proverbe dit que le pied du fermier est le meilleur fumier — autrement dit, la terre s'améliore d'abord sous le soin quotidien de la personne qui la marche. C'est le gros de l'ouvrage ici. On mène les bêtes sans stress, dans la lignée du regretté Bud Williams : travailler à la limite de la zone de fuite, mettre de la pression et la relâcher dès que l'animal pose le bon geste, se placer au bon endroit plutôt que courir après. Bien fait, ça veut dire qu'on passe dans le troupeau tous les jours sans l'énerver — lire l'état de chair, surveiller l'herbe, remarquer ce qui cloche avant que ça devienne un problème. Des bêtes calmes, c'est plus sécuritaire, plus facile à déplacer vers l'herbe fraîche, et elles ne s'en portent que mieux.
Quelques bêtes du troupeau
Une poignée d'animaux, pour faire les présentations.

Noire
NRR-014Sample record. A steady, easy-calving cow — the kind of low-maintenance mother the Highland base is selected for.

Emy
NRR-021Sample record. Raising a heifer calf at foot this season.

Pitchou
NRR-009Sample record. Mature cow, open this cycle.

Bran
NRR-031Sample record. Highland herd sire — pure Highland, selected to fit the environment rather than fight it.

Fluff Ball
NRR-042Sample record. Heifer calf born this spring on fresh pasture.
Highland Breeding Heifer
Registered-quality Highland breeding stock, selected for fertility and fitness to a cold-wet Eastern Townships climate. Availability is limited and by enquiry as our closed-herd line develops.